Gouverner les données clients et employés
Savoir quelles données existent, pourquoi, et combien de temps elles sont conservées.
La Loi 25 est la loi québécoise qui modernise les règles de protection des renseignements personnels, tant dans le secteur privé que public. Adoptée en 2021 (issue du projet de loi 64), elle renforce les obligations des entreprises : gouvernance des données, consentement, avis de confidentialité, évaluation des facteurs relatifs à la vie privée, et gestion des incidents de confidentialité. La Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) supervise l'application ; le cadre privé figure notamment dans la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (P-39.1).
En une phrase
La Loi 25 modernise la protection des données personnelles au Québec et impose des obligations concrètes aux entreprises.
À retenir
Fiche du terme
Avant la réforme, le Québec disposait déjà de lois sur la protection des renseignements personnels, mais plusieurs mécanismes (gouvernance documentée, registre des incidents, obligations renforcées envers les fournisseurs technologiques) étaient moins explicites. La Loi 25 a modernisé ce cadre pour le rapprocher des attentes contemporaines en matière de transparence et de responsabilité.
Pour une entreprise privée, cela signifie notamment : nommer un responsable de la protection des renseignements personnels, publier des politiques claires, obtenir un consentement valide lorsque requis, limiter la collecte au nécessaire, et évaluer les risques pour la vie privée lors de projets à fort impact (nouveaux systèmes, transferts, technologies sensibles).
En cas d'incident de confidentialité présentant un risque de préjudice sérieux, l'entreprise doit notamment aviser les personnes concernées et la CAI, et tenir un registre des incidents. Sur le web et dans les produits numériques, cela se traduit souvent par bannières de consentement, durées de conservation, clauses fournisseurs et mesures de sécurité proportionnées (chiffrement, accès restreints, journalisation).
Identifier ce qui est collecté (formulaires, CRM, analytics, RH), où cela réside, qui y accède et pour quelles finalités.
Désigner la personne responsable, rédiger politiques et procédures (accès, conservation, destruction, fournisseurs).
Mettre à jour avis de confidentialité, mécanismes de consentement et paramètres des outils marketing / analytics.
Définir détection, évaluation du risque de préjudice, notifications CAI / personnes concernées, et registre des incidents.
Une clinique privée de Québec découvre qu'un fichier Excel de rendez-vous a été envoyé par erreur à un mauvais destinataire. Elle évalue le risque de préjudice, consigne l'incident au registre, notifie les personnes concernées lorsque requis et renforce ensuite les contrôles (chiffrement, listes de diffusion, formation). Sans processus Loi 25, l'équipe aurait « simplement » renvoyé un courriel de correction — sans traçabilité ni mesure corrective.
Savoir quelles données existent, pourquoi, et combien de temps elles sont conservées.
Aligner cookies, CRM et campagnes sur un consentement et des finalités clairs.
Contractualiser les obligations de confidentialité et les avis en cas d'incident.
Évaluer, documenter et notifier selon les exigences de la CAI plutôt qu'au cas par cas.
| Loi 25 | LPRPDE (fédéral) | |
|---|---|---|
| Portée géographique | Droit québécois ; s'applique aux entreprises au Québec selon le cadre provincial | Loi fédérale canadienne pour le secteur privé sous juridiction fédérale |
| Autorité de surveillance | Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) | Commissariat à la protection de la vie privée du Canada |
| Focus pratique PME QC | Réforme récente très visible pour sites, RH et incidents au Québec | Cadre national encore applicable selon le type d'organisation |
| À retenir | Vérifier d'abord les obligations provinciales (P-39.1 modernisée) | Peut coexister selon activités interprovinciales / fédérales |
Au Québec, presque toute PME collecte des renseignements personnels : clients, prospects, employés, patients ou usagers. La Loi 25 transforme la vie privée d'un sujet « juridique lointain » en exigences opérationnelles — politiques, consentement, fournisseurs, incidents. S'y conformer réduit le risque de sanctions et de perte de confiance ; surtout, cela évite de découvrir trop tard où circulent réellement vos données.
Non. Dans le contexte québécois de la protection des données, « Loi 25 » désigne la réforme de la protection des renseignements personnels — pas une loi sur la géographie.
Dès qu'une entreprise collecte, utilise ou communique des renseignements personnels dans le cadre de ses activités au Québec, le cadre du secteur privé (P-39.1) s'applique en principe. Consultez la CAI pour le champ d'application précis.
Un accompagnement juridique aide sur les zones grises, mais beaucoup d'actions sont opérationnelles : inventaire des données, politiques, configuration des outils, procédure d'incident.
Contenir, évaluer le risque de préjudice sérieux, documenter au registre, et notifier la CAI et les personnes concernées lorsque la loi l'exige. Les guides CAI détaillent ces étapes.
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